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Clarisse House et les domaines avoisinants

Ajouté le Jeudi 17 juin à 00:00 par Pierre
Revu le Dimanche 27 février à 00:26 par David

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Clarisee House. porche   Zoom

Cet à article est au sujet de : Clarisse House

Thématique : histoire

Auteur : Georges Robert

Résumé :
Ce domaine de Clarisse House, que nous visitons aujourd'hui grâce à l'aimable permission du Premier Ministre, a connu de nombreux propriétaires et a sans doute eu une riche histoire dont nous ne pouvons aujourd'hui recueillir que les miettes.

Contenu :
Cette terre a été octroyée en concession le 27 juin 1764 à Gruchet Vaulbert, qui l'a transférée un mois plus tard à François André Darsay et Denis Dodin, lesquels l'ont revendue un jour après à Jacob. Elle a été acquise en 1779 par Antoine Rivalz de Saint-Antoine, un ancêtre des familles de Chazal et Chevreau. En 1794 elle a été achetée par André Nicolas, et en 1824 par Sophie Bigaignon.

La maison qui s'y trouve aujourd'hui a été initialement construite par Edmond de Chazal, alors propriétaire de la sucrerie Saint Antoine, qui a acheté ce bien en 1867 en vue de sa retraite. Il avait trois filles qui habitaient les, environs, Madame Pierre Edmond de Chazal à Mesnil aux Roses, Madame John Rouillard à la Mauvraie (aujourd'hui appartenant à Madame Louis Hein et occupée par La Communauté Européenne) et Madame Georges Mayer à Trait d'Union, qui devait son nom à ce qu'il était entre Mesnil aux Roses et la Mauvraie. Il trouvait donc logique de se réserver une demeure pour ses vieux jours dans un contexte si favorable. Il appela cette maison Clary House, (et non-Clarisse), d'après le prénom de sa femme, née Claire Rouillard. Le domaine avait alors une superficie de 5 arpents et 88 perches.

Quant à Edmond de Chazal il connut des déboires avec le pou à poche blanche et la sécheresse à Saint Antoine et ses biens furent saisis par la Banque Commerciale en 1876. La Banque se porta donc acquéreur de Clary House en 1876, avant qu'Edmond de Chazal n'ait vraiment occupé ce bien.

La Banque Commerciale, qui avait acheté donc cette maison lors de l'expropriation d'Edmond de Chazal en 1876, la revendit à John Walter Girout et Samuel Bigaignon en 1883. Le bien passa la même année à Vincent Georges et ensuite à Henry Adam, qui l'a dénommé "Le Refuge". En 1886 Aristide Regnard écrivait à Henry Adam à Paris : Je crois que tu as bien fait de conserver Le Refuge, et que tu devrais renoncer tout à fait à la ville où vous allez perdre tous les ans le bénéfice de votre séjour à la campagne, mais je ne partage pas, je te le dis franchement, ton idée d'établir une petite chapelle chez toi.

Nous n'avons pu retracer la date à laquelle Henry Adam a vendu ce bien. Ce que nous savons, c'est que les militaires avaient fui la malaria qui faisait rage à Port-Louis et qu'ils achetèrent de l'Anglo-Ceylon à Vacoas 245 arpents en 1898 et 45 arpents en 1900 pour la construction des casernes toutes proches. Ces terres faisaient partie des domaines de Ciairfonds et de Bonne Terre et avaient été acquises par Highlands. Les militaires achetèrent donc à un certain moment Le Refuge en vue d'y loger le commandant des troupes. Ils nommèrent ce bien Headquarters House.

En 1922 le gouvernement mauricien acquit 22,87 arpents et Headquarters House pour Rs 75,000 en vue d'y loger le Secrétaire Colonial. Cette maison fut la résidence de ce haut officiel jusqu'à l'indépendance. Je me souviens d'y être venu enfant à un fancy-fair organisé par les troupes.

Après l'indépendance, la maison accueillit des visiteurs de marque jusqu'au moment où elle fut rénovée en vue de devenir la résidence officielle du Premier Ministre. C'est alors que le nom de Clarisse House lui fut donné. Ce nom vient sans doute de Clary, donné par Edmond de Chazal, mais nous ne pouvons nous expliquer cette variante de terminaison.

Clarisse House évoque de façon toute particulière la vie confortable menée par la haute bourgeoisie, tant anglaise que mauricienne, de la fin du siècle dernier et du début de ce siècle, dans un cadre enchanteur et sous un climat exceptionnellement doux. Les vastes pelouses du Gymkhana et des "quarters" militaires rappellent l'espace presque illimité dont disposaient les gens de ce temps. Espérons que ce vestige d'une époque passée sera conservé et entretenu pour la plus grande joie de la génération présente et de celles à venir.

Reférence(s) :
Société de l'histoire de l'île Maurice

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