Merchant Navy Club
Last Updated on Wednesday, 18 November 2009 11:41 Written by Administrator Wednesday, 18 November 2009 11:38
Quel avenir pour l’Aapravasi Ghat ?
C’est avec une vive émotion que nous avons appris la destruction du Merchant Navy Club la semaine dernière.
Le Merchant Navy Club était un bâtiment en pierres et bois tout à fait caractéristique du style local, tout au contraire de ces laides tours de bétons insipides qui sont construits aujourd’hui sans aucune directive d’urbanisme. Construit dans les années 1830 et situé juste à côté de la gare du Nord, le Merchant Navy Club était l’un des plus vieux bâtiments situé dans le Buffer Zone de l’Aapravasi Ghat. Son existence témoignait de l’intense activité portuaire de cette époque qui se déroulait en grande partie au Trou Fanfaron, situé juste en face. Il rappelait la période d’avant l’ouverture du Canal de Suez, quand Port Louis était le plus grand port de transbordement de l’Océan Indien. Ce bâtiment servait d’endroit où les marins et capitaines de la marine marchande venaient s’installer pendant la durée de leur escale à Maurice. Des générations de Mauriciens ont ainsi côtoyé des milliers de marins venus du monde entier, dans cet endroit qui était à la fois un lieu de résidence et de loisirs.
Avec ses 160 ans d’existence, il était considéré comme l’un des plus vieux club de Maurice et faisait partie intégrante de la vie sociale de Port Louis.
Du fait de son ancienneté et de son attachement à la marine marchande, il était aussi lié aux activités maritimes qui apportaient les esclaves et les travailleurs engagés à Maurice.
Aussi, la destruction de ce bâtiment porte gravement atteinte à la pérennité de l’Aapravasi Ghat sur la liste des monuments classés par l’UNESCO. Nous nous associons pleinement au désarroi et à l’incompréhension des membres de l’Aapravasi Ghat Trus Fund et nous nous inquiétons de la légèreté avec laquelle est traité le buffer zone de nos monuments classés.
Notre association ne peut malheureusement agir qu’au mieux de ses moyens pour soutenir la préservation de ce qu’il nous reste de patrimoine. Mais face à l’indifférence et au manque de volonté, nous en venons à déplorer que notre action ne consiste plus qu’à dresser une rubrique nécrologique de ce qui constitue notre histoire commune.
Nous nous interrogeons à nouveau, comme à chaque fois devant de tels désastres, pour savoir qui donne la permission de détruire de tels bâtiments ? Cette responsabilité relève nécessairement d’une administration régionale et toute personne investit d’une telle responsabilité doit maintenant rendre des comptes.
Plus largement, c’est le manque d’ambition et de consistance dans les politiques de préservation de notre patrimoine historique qui sont mises en cause. Elles vont dans le sens inverse de toutes les politiques menées par les pays développés pour préserver et valoriser les quartiers historiques de leurs villes.


