Jardin botanique de Curepipe
Last Updated on Wednesday, 03 August 2011 11:12 Written by Administrator Thursday, 20 August 2009 07:00
La véritable histoire de la rénovation
C'est avec une très grande satisfaction que nous constatons que le Jardin Botanique de Curepipe a pris la voie de la rénovation selon l'article paru mardi dernier dans votre page Rendez-vous quotidien. Déjà le kiosque est en réfection, bravo à M. le maire Michael Sik Yuen et à son équipe.
Mais nous regrettons que l'interlocuteur de la journaliste, Anil Dhorbal, Chairman du Strategic Planning Committee, n'ait pas fait mention de ce qui a poussé la municipalité de Curepipe à enfin remettre ce jardin en état. Un minimum d'honnêteté s'imposait.
L'histoire de la rénovation du Jardin Botanique de Curepipe commence ici :
En Juin 2008 une journaliste du Mauricien visite le jardin avec un de nos membres qui déplore l'abandon auquel il est livré. Ce cri d'alarme rencontre l'indifférence totale de la mairie de Curepipe, de son conseiller chargé de l'entretien du jardin et de son équipe de la santé. Car c'est bien le département de la santé qui a la charge des espaces verts !
Reprenons textuellement de l'article de mardi dernier les mots d'un Curepipien qui a autrefois connu le jardin : " A l'époque, M. Bestel s'occupait du jardin, les espaces verts et les parterres étaient ornés de fleurs et de plantes décoratives. Depuis que la mairie a pris la relève, il y a eu une dégradation de l'environnement. "
Peut-on demander à des membres d'un service de santé d'être compétents en paysagisme et horticulture ? S'ils avaient eu le désir et la volonté de garder ce jardin tel qu'il leur avait été légué, ne serait-ce que par respect pour ceux qui y ont donné leur cœur et leur sueur, ils auraient pu s'encadrer de personnes compétentes en la matière plutôt que de l'abandonner à une dégradation quasi-totale. Ce jardin qui fut la fierté de Curepipe, en est aujourd'hui la honte. Permettons-nous ici de fortement conseiller à notre maire, qui fait bouger les choses depuis son élection, de mettre en place une équipe compétente afin qu'espaces verts et jardins ne soient pas de vains mots.
Dégradation
Autre cri d'alarme, six mois après, ce même membre de SOS Patrimoine en Péril appelle, un matin, le maire de Curepipe pour lui dire que les pierres de taille bordant une allée du jardin sont en train d'être remplacées par du ciment. Elle alerte aussi Le Mauricien qui, après constatation des faits, publie un article à ce sujet. Voyant que le jardin ne cesse de se dégrader et que la mairie ne semble vouloir y remédier, le président de SOS Patrimoine est alerté et tout de suite nous prenons rendez-vous avec le maire de Curepipe, Michael Sik Yuen. Nous lui faisons comprendre l'urgence de venir en personne constater l'état du jardin. Il est choqué et nous avoue qu'il ne s'attendait pas à voir une telle dégradation.
Nous proposons alors notre aide et les conseils avisés d'architecte de jardins, de botaniste, d'horticulteur. Le maire nous demande alors de constituer un dossier, que nous lui soumettons.
Il comporte deux phases.
La première concerne les urgences : rénovation du kiosque à musique ; compostage dans un coin caché du jardin en mettant fin à l'amoncellement des feuillages au beau milieu, qu'un camion doit enlever en écrasant bordures et gazon ; réparation des allées en remettant les pierres de taille tombées au lieu de les remplacer par du ciment ; fermeture permanente du portail à la rue Robinson ; installation d'une chaîne au niveau du pont afin d'arrêter les voitures, d'un filet dans le cours d'eau afin que les déchets ne l'envahissent ; interdiction des jeux de foot sur les pelouses ; peinture des bancs, lampadaires et leurs supports de la même couleur que les portails, couleur qui se fond dans la nature plutôt que d'attirer le regard.
Et par-dessus tout, un plan d'urgence pour sauver les arbres et buissons qui sont malades et se meurent, de même pour couper les arbres morts.
Pour la deuxième phase, nous avons suggéré : de planter de nouvelles espèces d'arbres ; de recréer des parterres ; d'apposer des plaquettes aux arbres avec leur nom étymologique et commun ; d'entretenir la petite maison au "style mauricien" située à l'arrière du jardin des enfants ; d'inviter les écoles dans un but éducatif. Puis viendraient d'autres projets selon les besoins.
Par la suite, Françoise Merven, en tant que représentante de SOS Patrimoine, a été invitée à une réunion du sous-comité de la gestion des Jardins Publics et Espaces Verts le 27 février 2009. Anil Dhorbal, chairman, affirme accueillir favorablement les suggestions de SOS Patrimoine étant donné, il l'avoue lui-même, que les responsables de ce secteur n'ont pas les compétences voulues.
Aucune action effective
À partir de là, nous avons sept réunions de travail de février à avril concernant la rénovation du Jardin Botanique, auxquelles participent trois membres de SOS Patrimoine : Patricia Mohamed, membre de la Royal Horticultural Society, Françoise Merven et, parfois, Jean François Guimbeau, horticulteur et paysagiste, président de SOS Patrimoine.
Aucune action effective suite à ces réunions : les arbres morts toujours debout, ceux malades abandonnés à leur sort, les balayures au milieu du jardin etc… Que de promesses, dont celle de nous expédier un plan de rénovation structuré du jardin qui précisera le rôle de chacun… Toujours pas reçu.
Espérant faire avancer les travaux, nous adressons une lettre au maire, lui demandant qu'un comité soit officiellement reconnu, comprenant un architecte de jardins, un horticulteur, un botaniste, les membres responsables de la mairie et un représentant de SOS Patrimoine (puisque nous avons été invités à y participer). Nous n'avons jamais eu de réponse à cette lettre, pourtant remise personnellement à la secrétaire du maire.
Le 29 avril se tenait à la mairie, une réunion du Conseil ouverte au public. Le maire, que nous rencontrons trois jours plus tôt, nous demande d'y être, et de lui expédier une liste des spécialistes de jardins disposés à les aider, liste qu'il veut soumettre au vote lors de cette réunion. Liste qui a été déposée par SOS Patrimoine dans le délai prévu. La réunion se déroule sans que mention soit faite de cette liste. Après la réunion, le maire nous dit que les responsables du jardin ont aussi leur liste. Il doit les rencontrer les jours suivants, nous fera signe ensuite afin que nous puissions concerter nos efforts et nos compétences. Depuis, rien. Pas de correspondance, pas de communication.
Lorsque paraît cet article du Mauricien mardi dernier, nous sommes plutôt surpris. Anil Dhorbal fait part de tous ces projets, sans faire mention du dossier de rénovation, présenté par SOS Patrimoine. " Cette initiative de la mairie de Curepipe… ", peut-on lire dans Le Mauricien du 9 juin, ce qui ne reflète pas la réalité. Il est inapproprié de dire que l'initiative revient à la municipalité de Curepipe. Elle revient à SOS Patrimoine qui avait rencontré l'ancien maire de Curepipe, M. Bangeeruthee, à deux reprises, peu avant son départ, avant de rencontrer le maire actuel et les parties responsables ; qui, depuis juin 2008 essaye de motiver la mairie à faire ce qui doit être fait.
Depuis des années, la municipalité de Curepipe a fermé les yeux sur la dégradation du Jardin Botanique, il a fallu nos cris d'alarme et nos premiers pas vers elle pour une prise de conscience. L'élan a été donné. Nous louons la décision du maire et de son équipe de vouloir rendre au Jardin Botanique " son visage d'antan " bien que l'attitude adoptée envers nous puisse surprendre.
SOS Patrimoine en Péril
BP 216 Curepipe




